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C'est le dernier clap d'un feuilleton à rebondissements. La base aérienne de Francazal sur la disparition de laquelle on spéculait depuis des années, s'apprête à fermer définitivement ses portes. Au 1er août, il n'y aura ni pilote, ni mécano sur la base, sauf quelques hommes chargés des dernières opérations de dissolution avant que terrains et bâtiments ne retournent à l'État et connaissent une nouvelle vocation.

Hier, avait lieu la cérémonie officielle marquant la fermeture des ateliers de maintenance chargés de l'entretien des avions et des hélicoptères. Une unité baptisée Escadron de soutien technique aéronautique qui aura accompagné ainsi jusqu'au bout la destinée de cette base née officiellement en 1934, mais qui avait, depuis longtemps déjà, une activité aéronautique.

Après les terrains de Montaudran chassés sous la pression immobilière, Francazal doit à son tour se trouver une nouvelle vie. On se souviendra tout de même que l'histoire de la base a croisé celles de Saint-Exupéry et de Mermoz après qu'ils eurent participé à l'aventure de Latécoère et de l'Aéropostale.

Les hommes et femmes de Francazal ont reçu leur nouvelle affectation. On a renvoyé sous d'autres cieux les emblématiques Noratlas et Puma qui trônaient à l'entrée comme un rappel permanent à l'histoire. Désormais, une autre bataille est engagée pour tenter de préserver l'avenir de la base et de ses deux cents hectares situés au confluent de trois communes de l'Ouest-toulousain. Un comité de pilotage présidé par le préfet rendra son verdict dans quelques jours. Mais beaucoup considèrent déjà que les bâtiments relèvent d'un patrimoine inaliénable et qu'il faut les sauver.

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Un entrepôt pour les « Ailes anciennes » ?

Les Ailes anciennes, que préside Jean-François Bruna- Rosso, espèrent hériter d'au moins un hangar de la base. Parvenue au fil des années à rassembler une collection de 85 hélicos, planeurs, avions de chasse et de transport, l'association ne disposera plus au 1er juillet du terrain que lui avait alloué Airbus à titre provisoire avant que soit engagée la construction des hangars de l'A 350. Les vieux appareils pourraient élire domicile à Francazal. C'est du moins ce qu'espère J.-F Bruna-Rosso qui a écrit à Nicolas Sarkozy, lequel a fait suivre au préfet de région. Pour donner du poids à leur initiative, les « Ailes » offrent à leur projet un prolongement pédagogique. Si des ateliers de restauration voient le jour dans les hangars, deux centres de formation seraient créés, l'un orienté vers la peinture avion, l'autre vers la chaudronnerie. Par ailleurs, l'association qui attend la venue du conservateur du musée du Bourget, a une autre idée en tête : accueillir des avions qui dorment dans les réserves du musée parisien.

Mais il y aura toujours des avions

L'armée s'en va, mais le site pourrait trouver une conversion civile à ses activités. C'est ce qu'on peut penser au vu du dossier. Certains élus militent pour le maintien d'une activité aérienne à Francazal. « Ce serait irresponsable de sacrifier le site avec sa piste », rappelle Bernard Keller, maire de Blagnac. Mais la décision rendue début avril, appartient au préfet qui préside le comité de pilotage pour l'avenir de la base.

Les échéances électorales ont retardé toute communication sur un sujet qui prête à controverses où, ni l'armée tenue à sa réserve, ni les collectivités, ne veulent s'exprimer. Alors, quelle solution ? Sans doute s'achemine-t-on vers une structure dédiée à l'aviation d'affaires avec 40 hectares consacrés à des activités tertiaires.

Il s'agit aussi de conserver le bâti existant à des fins civiles pour la maintenance et le parcage avion et hélico. La Direction de l'aviation civile (DAC Sud) travaille dans ce sens. L'État, propriétaire des terrains, par ailleurs actionnaire majoritaire dans le capital de la Société anonyme Toulouse-Blagnac (gestionnaire de l'aéroport), a son mot à dire. Il est le seul capable d'assurer l'exploitation de Francazal. Quoi qu'il en soit, il faudra tenir compte de deux réalités. La première a trait au niveau de pollution du site comme tous les terrains industrialisés autour de Toulouse. Transformer cette emprise de 200 ha en zone d'habitat est impossible sauf à consentir des frais de dépollution sans commune mesure avec le prix du m2 actuel. De même, la présence d'un régiment parachutiste tout proche oblige à conserver la piste de projection de Francazal. L'aéroport de -Blagnac saturé n'est pas en mesure d'absorber en plus cette activité militaire.

Texte source 'La dépêche du midi' 24 mars 2010